Le triangle dramatique de Karpman, ça vous dit quelque chose ?

Le triangle dramatique de Karpman, ça vous dit quelque chose ?

Définition : 

Le triangle dramatique est un jeu psychologique, c’est-à-dire un scénario pratiqué inconsciemment et qui peut se répéter tout au long de la vie s’il n’est pas conscientisé.

Plus globalement ce mécanisme se rencontre dans tout type de relation et contexte : familial, professionnel …

Il s’agit d’un scénario relationnel typique, avec 3 rôles : le Persécuteur, la Victime et le Sauveur

  • Le Persécuteur : il agresse, objecte, reproche, bouscule, harcèle son bénéfice : il a un pouvoir certain sur les autres

Le persécuteur fait souffrir autrui pour tenter de canaliser ses propres peurs et douleurs. Quand on endosse le rôle de persécuteur, on tente de s’imposer ouvertement (je dois leur dire comment il faut être et agir car je sais mieux et j’ai raison).

Le persécuteur est dans l’action mais dans un rôle de redresseur de torts, de justicier, de donneurs de leçons.

  • La Victime : elle subit cette agression, se plaint, appelle à l’aide son bénéfice : les autres s’occupent d’elle

La victime se sent impuissante et irresponsable et espère que quelqu’un soulagera son malaise interne. Quand on endosse le rôle de victime, on cherche à dominer en apitoyant autrui (je suis faible et on doit m’aider).

La victime est davantage tournée vers elle-même, se sent impuissante et compte sur les autres pour régler ses problèmes ou ceux de la société.

  • Le Sauveur : il protège, défend, s’interpose, sauve. En apparence, il a le beau rôle ! son bénéfice : il se sent valorisé, quelqu’un de bien

Le sauveteur vole au secours d’autrui (même quand autrui n’a rien demandé) pour son propre bien (parfois au détriment de celui d’autrui). Quand on endosse le rôle de sauveteur, on cherche à dominer en se rendant indispensable (les autres sont faibles, je dois les aider).

Le sauveteur est tourné vers les autres et est dans l’action (ou parfois seulement l’intention d’action).

Les trois rôles du triangle dramatique sont douloureux et source de conflits.

Chacun d’entre nous peut les jouer tous les trois en fonction du contexte, des personnes en interaction et des circonstances.

Si un partenaire ou interlocuteur endosse l’un de ces rôles, nous aurons de grandes chances d’être entraînés dans le triangle dramatique. Le problème est qu’une fois entré dans le triangle, chacun navigue entre ces trois rôles sans trouver la porte de sortie.

Comment sortir du triangle dramatique ?

La clé est la prise de conscience. Celui qui a constaté qu’il jouait l’un des 3 rôles peut choisir d’en sortir en adoptant une attitude neutre et adulte. Généralement, jouer un rôle du triangle suscite un sentiment de malaise, associée à l’impression d’un déséquilibre de forces dans l’échange.

Comment éviter d’entrer dans le jeu psychologique ?

Grâce à la conscience de soi et une bonne vigilance !

  1. Connaître son point faible

– J’ai tendance à me plaindre, à attendre des autres qu’ils prennent en charge mes problèmes=> je risque d’attraper la perche de victime et d’entrer dans ce rôle

– tendance à agresser, à critiquer, à être intransigeant=> j’ai une propension à agresser, à endosser le rôle du persécuteur

– tendance à sauver, à voler au secours des autres, à être serviable=> le rôle de sauveur me va comme un gant, je tombe souvent dans ce panneau

  1. Eviter de déclencher un jeu

– J’ai tendance à me plaindre ? je dois veiller à rester acteur de ma vie professionnelle, responsable de la mission qui m’incombe, ne pas me poser en victime et ne jamais attendre des autres qu’ils me prennent en charge quand je suis en difficulté.

-J’ai tendance à être agressif ? je dois veiller à tempérer ma colère quand je suis mécontent du travail de mes collaborateurs, et à communiquer sans être agressif ou trop autoritaire.

-J’ai tendance à sauver les autres ? je dois me rappeler qu’aider n’est pas sauver, et me demander quand j’ai bien envie d’intervenir, si la personne que j’aide m’a fait une demande, si l’effort est partagé ou si je vais tout faire seul(e), si j’ai bien défini la limite de cette aide.

  1. Savoir reconnaître les signaux et refuser d’y répondre en endossant un rôle

On reconnaît la victime à son discours, elle se dit impuissante et jamais responsable :

– « Je fais tout bien et il me fait sans cesse des reproches. »

« Je ne vois pas comment le satisfaire, il n’est jamais content de toute façon. »

Elle ne demande jamais directement une aide concrète mais se plaint, et fait des demandes indirectes :

« Je n’en peux plus de ce client, il est infernal, il va me rendre malade. »

« Tu as vu sur quel ton il me parle ? Je ne suis pas habilité à lui répondre. »

« Vraiment il n’est pas juste, il me harcèle. » « Je ne veux plus le prendre au téléphone. »

– et dans la vie personnelle :« Je n’ai jamais de chance, pour vous c’est plus facile. »

« Tu ne viens jamais me voir. »

Ces messages sont autant de clignotants pour celui qui a un profil de Sauveur : s’il n’est pas vigilant, il va enfiler son costume de Zorro avant d’avoir compris ce qui lui arrivait.

De même le Persécuteur-type sera attiré par ces plaintes, il aura naturellement envie de venir agresser cette Victime auto-proclamée.

Les points de vigilance sont identiques à ceux pour « éviter de déclencher un jeu » précédemment cités.

Chacun de nous aura tendance, dans une situation donnée, à aller vers son rôle de prédilection.

Et vous, vous vous sentez plutôt Victime ? Persécuteur ? Sauveur ? 

Le travail en coaching permet d’avancer favorablement et efficacement à la fois en pleine conscience de ce que je suis profondément et en connaissance de mes modes de fonctionnement. Le but étant d’améliorer la qualité des relations que j’entretiens avec mon entourage personnel et professionnel. 

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